Décloisonner pour s’adapter à chaque individu
Comme son nom le suggère, la thérapie intégrative (ou multiréférentielle) permet au praticien « d’intégrer » différents outils, approches thérapeutiques, exercices… à sa pratique, pour s’adapter à son client (ses capacités, sa personnalité…), à sa problématique et aussi à son évolution au fil de la thérapie. J’aime parler de « boîte à outils » pour évoquer tout le panel de ressources que j’ai à partager et proposer.
La thérapie intégrative s’inspire donc de multiples courants, elle combine les techniques et les approches issus des différentes écoles (analytiques, humanistes, cognitives…), permettant ainsi une communication et des recoupements, de façon dynamique et personnalisée, pour être au plus près du client et surtout, gagner en efficacité. Ainsi, chaque thérapeute intégratif est différent : il s’est formé à plusieurs approches (et il en existe beaucoup !), sans nécessairement se spécialiser, ce qui met à sa disposition (et donc à celle de son client) un panel d’outils plus larges et diversifiés. L’idée est de gagner en souplesse : adapter la théorie au client et non le client à la théorie.
Ses outils ne forment pas forcément un ensemble « cohérent » en apparence, pour autant le thérapeute est capable d’utiliser la technique, l’approche, la plus adaptée à un instant T de la thérapie de tel ou tel individu. La cohérence tient au fait de savoir faire les bons choix thérapeutiques au bon moment, avec la bonne personne, et en accord avec celle-ci.
En pratique, ça donne quoi ?
C. est une jeune femme de 27 ans extrêmement timide, qui manque de confiance en elle. Elle a des difficultés à gérer ses émotions et se laisse facilement déborder par le stress, ce qui lui a joué des tours dans sa vie scolaire et professionnelle. Fille unique, ses parents ont divorcé lorsqu’elle avait 4 ans et depuis, elle n’a plus jamais revu son père. Elle est en conflit permanent avec sa mère et éprouve des difficultés à entretenir une relation durable avec un homme.




Dans ce cas pratique fictif, la thérapie intégrative que je pratique permettrait par exemple, en accord avec C. et selon ses priorités (liste non-exhaustive et non-chronologique) :
- de réfléchir aux liens entre l’enfance et les difficultés d’attachement, grâce à la thérapie par la parole, de type analytique
- de repenser la relation avec sa mère et avec ses partenaires amoureux, grâce à l’analyse transactionnelle
- d’apprendre à gérer les émotions et les pensées qui les accompagnent, grâce aux outils issus des thérapies comportementales et cognitives
- de comprendre les schémas mis en place dans l’enfance, qui ont des répercussions sur la dépréciation de soi de C. et sur son manque de confiance en elle par exemple, grâce à la thérapie des schémas
- d’apaiser le stress par des techniques de mindfulness (méditation de pleine conscience)
- de travailler ses habiletés sociales, notamment au travail, ainsi que son affirmation de soi, grâce aux outils issus des thérapies comportementales et cognitives
- de puiser dans les ressources et les forces intérieures de C., en ne se concentrant pas uniquement sur la souffrance grâce aux outils de la psychologie positive…
- …le tout dans une approche centrée sur la personne : avec bienveillance, empathie, non-jugement, et surtout via la pratique d’une écoute active de qualité.
Vous l’aurez compris, le champ des possibles est large. Pour plus de lisibilité, j’ai à cœur de pratiquer en parallèle la psychoéducation (ou éducation thérapeutique), pour vous éclairer au mieux sur les choix thérapeutiques que je suggère ou le bienfait d’une approche.