L’approche centrée sur la personne

Croire au potentiel de chacun
Les qualités essentielles du thérapeute
Une posture: écoute active et bienveillance

Croire au potentiel de chacun

Chacun d’entre nous est un être en devenir, en croissance, et ce durant toute sa vie. L’approche centrée sur la personne, dont les principes fondamentaux ont été posés par les travaux de Carl Rogers en 1957, est une philosophie, plus qu’une méthode, qui s’appuie sur la croyance en la réalisation de chaque être humain en tant que personne. Le thérapeute qui fait sienne cette approche est dit « humaniste« . Pour Rogers, chaque individu possède en lui un immense potentiel d’évolution et donc d’épanouissement. Le but de la thérapie humaniste sera de relancer ce processus, qui a été entravé à cause d’évènements de vie douloureux ou négatifs.
Le thérapeute ne soigne pas un patient : il rentre en relation avec un client. Il met l’accent sur l’ici et le maintenant, sur les ressources du sujet, sur ses forces et sa capacité intrinsèque à aller mieux.

“Dès que l’on m’accepte tel que je suis, je change ; voilà un curieux paradoxe.” Carl Rogers

Les qualités essentielles du thérapeute

Pour se développer de façon constructive, sécure et positive, une personne doit bénéficier d’un climat favorable, exactement comme une plante a besoin de lumière, d’eau, de substrat. Ainsi, cette personne pourra s’épanouir, guérir ses souffrances et ainsi gagner une plus grande capacité à affronter la vie, en mobilisant ses ressources personnelles…

Carl Rogers a proposé le terme de « climat facilitateur », dont le thérapeute se porte garant par :

  • Sa compréhension empathique : le thérapeute doit écouter et tenter de comprendre son client, « comme si » il était à sa place, mais… sans jamais oublier ce « comme si ». Il s’introduit dans le monde du client, tout en le respectant profondément. Le client vit une ainsi une expérience où il se sent moins seul dans sa recherche de réponses et de solutions. Cela créé une alliance thérapeutique de qualité, une confiance, un sentiment de sécurité.
  • Sa congruence : c’est l’authenticité du thérapeute dans sa relation au client, durant toute la thérapie. Le thérapeute manifeste ses sentiments ouvertement, il est « lui-même », sans masque professionnel. C’est une sorte « d’accord » entre ce qu’il est (ce qu’il pense, ressent, perçoit…) et ce qu’il donne à voir et à entendre lorsqu’il communique. Cette authenticité fait de lui un être digne de confiance à qui on peut se confier plus facilement.  
  • Sa considération positive et inconditionnelle : le thérapeute ne saurait porter de jugement sur les propos, les croyances ou les réactions de son client. Il l’accepte dans toute son entièreté et se soucie du cadre de référence de son client, c’est-à-dire l’ensemble de ses idées, de ses valeurs, de ses opinions… qui donnent un sens à ce que ce client dit ou comprend. Comprendre le client signifie qu’il faut accepter qu’il soit différent de soi et ne pas chercher à évaluer ce qui est « normal », ou « juste », ou « acceptable »… Cette acceptation inconditionnelle de l’autre est essentielle pour communiquer à cœur ouvert.

Une posture : écoute active et bienveillance

La posture d’un thérapeute humaniste peut sembler naïve et évidente, mais elle est pourtant bel et bien une véritable manière d’être du praticien, dans son rapport au client et à l’humain en général. Ainsi, le client, accepté (parfois pour la première fois) tel qu’il est, expérimente un accueil inconditionnel, chaleureux, positif et encourageant.

Il ne suffit pas d’avoir des oreilles pour entendre.

L’un des outils fondamentaux de l’Approche Centrée sur la Personne est l’écoute active. Le thérapeute doit saisir le message de son client, en comprendre le contenu, même implicite. Cela implique une grande disposition psychique, intellectuelle et émotionnelle de sa part, ainsi qu’une attention et un intérêt sans faille. Il pose des questions, reformule, fait des liens… dans le but de guider au mieux son client.

Cette écoute active s’accompagne nécessairement de bienveillance : le thérapeute reconnaît son client comme un être unique, doté de qualités et de ressources qui lui permettent de faire ses choix seul et d’aller mieux. Le thérapeute est là uniquement pour l’aider à remobiliser ses capacités, car il croit en son potentiel et en son autonomie future.

Finalement, cette relation d’aide se centre sur la PERSONNE plus que sur le problème ou le symptôme. Le thérapeute n’est pas là pour donner des solutions ou coller une étiquette, mais pour accompagner le client dans son épanouissement, la résolution de ses problématiques et l’apaisement de ses souffrances.

On ne peut rien apprendre aux gens. On peut seulement les aider à découvrir qu’ils possèdent 
déjà en eux tout ce qui est à apprendre. Galilée